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JOURNAL / HÉBERGEMENT

Choisir son hébergement web depuis l’Afrique

Hébergement web depuis le Cameroun et l’Afrique centrale : où placer le serveur, ce que coûte vraiment un site vitrine, et comment garder le domaine et les accès à votre nom.

PAR PUBLIÉ LE ● 6 MIN

L’hébergement est la ligne la plus mal lue d’un devis. On y voit un abonnement technique, alors qu’il décide de trois choses simples : à quelle vitesse la page arrive à Douala, à qui appartient le site, et ce qui se passe le jour où l’on change de prestataire. Voici comment choisir depuis le Cameroun ou l’Afrique centrale, sans payer un serveur dont un site vitrine n’a pas besoin.

Ce que l’hébergement doit garantir

Quatre exigences, dans cet ordre :

  1. Le compte est au nom de l’entreprise. Domaine, hébergement et boîtes mail. Le prestataire peut les gérer ; il n’en est pas propriétaire. Le jour du départ, les accès se transfèrent, ils ne se négocient pas.
  2. La page se charge vite depuis le pays des clients, pas depuis la ville du commercial. On mesure à Douala, à Yaoundé, à Libreville, sur un téléphone en 3G.
  3. On peut exporter le site. Les pages, les images et les textes sortent dans des fichiers que quelqu’un d’autre peut reprendre. Un constructeur qui enferme le site dans son seul abonnement est une location, pas un hébergement.
  4. Une sauvegarde a été restaurée au moins une fois. Une copie qu’on n’a jamais rouverte n’est pas une sauvegarde.

Ces quatre points figurent dans la conversation avant le choix de la marque. Nous les reprenons aussi quand nous mettons en place le domaine et les e-mails.

Faut-il un serveur au Cameroun ?

Pas forcément, et souvent pas. Un serveur unique en Europe ajoute environ 150 à 300 millisecondes à chaque requête depuis le Cameroun. Ce délai se sent. La réponse n’est pas d’acheter une machine dans un bureau à Douala, souvent mal reliée au reste du réseau : c’est de servir une copie de la page depuis un point de présence proche, Johannesburg, Lagos ou Nairobi, via un réseau de diffusion. La deuxième visite, elle, sort du cache et devient presque instantanée.

Ce mécanisme est décrit plus en détail, avec le budget de poids de la page, dans le guide site web rapide sur réseau lent. L’hébergement ne rattrape pas une page de 8 Mo. Il sert une page déjà légère.

Le site de HuginMboa est lui-même hébergé chez Vercel, avec les pages servies depuis un réseau de diffusion, et le compte est au nom du studio. C’est le même critère que nous appliquons aux clients : vous pouvez lire qui héberge dans les mentions légales.

Ce que ça coûte vraiment

Pour un site vitrine bien construit, l’hébergement se situe entre 0 et 60 000 FCFA par an. Le nom de domaine en .com ajoute environ 10 000 à 15 000 FCFA par an, un peu plus pour un .cm. Les boîtes mail professionnelles, souvent oubliées, vont de 0 à 40 000 FCFA par an et par adresse.

Une offre à 200 000 FCFA par an pour un site de six pages est rarement justifiée. Elle paie en général un serveur dédié dont le trafic n’a pas besoin, ou une marge présentée comme de la technique. À l’inverse, l’hébergement gratuit qui ne donne aucun accès et aucun export est cher : le vrai prix se paie à la refonte.

Poste Ordre de grandeur annuel À vérifier
Nom de domaine .com 10 000 à 15 000 FCFA enregistré au nom de l’entreprise
Hébergement d’un site vitrine 0 à 60 000 FCFA export possible, pages en cache
Boîte mail professionnelle 0 à 40 000 FCFA séparée de l’hébergement du site
Serveur « premium » pour six pages souvent 200 000 FCFA presque jamais nécessaire

Ces ordres de grandeur sont ceux de notre pratique, détaillés aussi dans combien coûte un site web au Cameroun. Ils ne sont pas un tarif d’hébergeur : ce sont les lignes à faire apparaître sur le devis, à leur coût réel.

Séparer le domaine, le site et le mail

Trois services distincts échouent moins souvent qu’un pack unique. Le domaine se renouvelle chez un bureau d’enregistrement connu, avec le renouvellement automatique et une adresse e-mail de récupération que l’entreprise consulte. Le site peut vivre sur une plateforme moderne. Le mail peut vivre ailleurs, chez un fournisseur de messagerie, sans déménager quand le site déménage.

Le piège classique est le pack « domaine + hébergement + trois adresses » ouvert au nom du prestataire, payé d’avance pour trois ans. Quand la relation s’arrête, le domaine est l’otage. On refuse ce montage. Les accès sont remis à la livraison, et le client reste propriétaire pendant que nous restons responsables du contrat en cours. C’est aussi le cadre de la maintenance informatique quand le sujet dépasse le site et touche les postes de travail.

Ce que nous regardons avant de recommander

La marque importe moins que la mesure. Avant de proposer un hébergeur, on vérifie :

  • le temps de réponse d’une page légère depuis un réseau mobile camerounais ;
  • que le certificat HTTPS se renouvelle seul ;
  • que l’on peut ajouter une redirection sans ticket perdu ;
  • que les journaux d’erreur se lisent ;
  • que la facture est au nom du client et résiliable.

Un hébergeur local peut être le bon choix quand il fournit un interlocuteur joignable et un réseau correctement relié. Il est un mauvais choix quand son seul argument est « le serveur est au pays » et que la page met quatre secondes à partir. On compare les deux sur le même téléphone, le même jour.

Changer d’hébergeur sans casser le site

Le déménagement tient en une répétition : copie du site sur le nouvel hébergement, essai sous un nom temporaire, bascule du domaine seulement quand les pages, les formulaires et les redirections répondent. On abaisse d’abord le délai de propagation des DNS, on prévient, on bascule à une heure creuse. Le site ne doit pas disparaître une après-midi parce que la messagerie et le site partageaient un compte qu’on a fermé trop tôt.

Si le site actuel est enfermé dans un outil sans export, le changement d’hébergeur est en réalité une refonte. Il faut le nommer ainsi, avec son budget, plutôt que de promettre une « migration d’un clic ».

Faire le point sur votre hébergement

Envoyez l’adresse du site et dites qui détient aujourd’hui le domaine, l’hébergement et les e-mails. Nous répondons sous 48 heures : ce qui est à votre nom, ce qui ne l’est pas, et si la lenteur vient de l’hébergement ou de la page elle-même. Écrivez-nous via la page contact.

Questions fréquentes

Combien coûte l’hébergement d’un site vitrine ?

Pour un site vitrine bien construit, comptez de 0 à 60 000 FCFA par an. Une offre à 200 000 FCFA par an pour six pages est rarement justifiée. Le nom de domaine .com ajoute environ 10 000 à 15 000 FCFA par an.

Faut-il un serveur physiquement au Cameroun ?

Pas forcément. Un serveur unique en Europe ajoute de la latence ; un réseau de diffusion qui sert une copie depuis un point proche en Afrique règle l’essentiel. Mesurez depuis Douala ou Yaoundé, pas depuis la ville de l’hébergeur.

Qui doit posséder le compte d’hébergement ?

Vous. Le domaine, l’hébergement et les boîtes mail sont ouverts à votre nom. Le prestataire peut les administrer tant que le contrat court, mais vous gardez les accès et pouvez partir.

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